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La première fois que j’ai vu Pallas, j’avais 18 ans, lui avait à peu près l’âge que j’ai aujourd’hui

Il jouait du blues au fond d’un bar en s’accompagnant avec une guitare, une grosse caisse et un pied de charley. Entre chaque morceau , il parlait dans sa barbe avec ce vocabulaire bien à lui. Je ne comprenais pas tout.

Je n’ai pas osé aller lui parler, il avait un côté personnage de Sergio Leone à qui il ne faut pas poser de question. C’est presque dix ans plus tard que j’ai commencé à le découvrir et à comprendre qu’il n’était pas l’ours que je croyais.

On me dit souvent qu’on entend du Marcel Dadi dans mon jeu. Je n’ai jamais vraiment écouté Dadi, mais c’est sans doute le joueur de picking le plus connu et j’imagine que ça sert à engager la conversation. Je pense que les musiciens qui nous influencent le plus sont ceux qu’on côtoie, ceux avec qui on joue et pas forcément des célébrités.

En réalité dans mon jeu il y a beaucoup de Pallas. Grâce à lui j’ai découvert les racines du blues. L’authenticité, la richesse et la diversité des origines de cette musique que je jouais sans en avoir vraiment compris l’essence. Le style de Blind Blake, de Blind Boy Fuller...

Nous n’avons pas fait que de la musique ensemble, nous avons partagé beaucoup de temps à construire des cabanes, à discuter, à casser la croûte au bord de la rivière. C’était une sorte d’anar, un libre penseur, une tête de mule, un pudique et un homme d’une grande générosité.

Il aurait eu 80 piges aujourd’hui si il n’avait pas eu la mauvaise idée de casser sa pipe il y a plus d’un an déjà.

On ne mesure vraiment la place que prennent les êtres qu’on aime que face au vide qu’ils laissent en partant.

Je sais la chance que j’ai eu de le connaître.

Je sais aussi qu’il ne manque pas qu’à moi.

Bon anniversaire Pallas.


 
 
 

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