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Il y a quelques années, quand je voulais me faire un avis sur un disque avant de l’acheter, je lisais la chronique de Francis Couvreux

C'est un mélomane érudit, spécialiste entre autres de swing manouche et de Bernard Dimey. J'ai toujours trouvé son écoute et son écriture précises et justes. Alors aujourd’hui, quand il consacre un article si flatteur à mon dernier album, je suis comblé.

CD Nicolas Moro « tout va pour le mieux » Autoproduction 2024 ;

Comme les membres de la petite communauté qui suivent Nicolas Moro ont déjà cette 4ème galette du natif de Montmorillon, j’ai juste besoin de faire savoir aux autres tout le bien que je pense de cet auteur compositeur interprète. Dans une autre vie, Nicolas fut pendant une quinzaine d’années le guitariste-chanteur d’Opa Tsupa, groupe swing manouche décalé et original qui tourna un peu partout et enregistra quelques disques de très bonne facture.

A la différence de la plupart des auteurs compositeurs interprètes, ce passionné des musiques américaines de la première moitié du XXème siècle (le blues et ses dérivés), est un poly instrumentiste confirmé (guitariste avant tout, il pratique aussi la guitare hawaïenne, le dobro, la mandoline, le piano, l’harmonica, le balafon..) qui attache autant d’importance aux paroles qu’à la musique (arrangements et instrumentation) , dans un équilibre parfait entre parties instrumentales et parties chantées. Les quelques amis musiciens qu’il sollicite selon les titres pour telle ou telle couleur sonore, ne sont pas non plus les premiers venus et ont de la place pour s’exprimer (soubassophone, orgue, washboard, tuba, clarinette basse, contrebasse, etc). Installant pour chaque morceau le climat adéquat, Nicolas Moro alterne blues poisseux au riff hypnotique (« Tout ça pour ça »), guitare picking façon ragtime (« le monde tourne encore »), country-gospel à l’ancienne (le très réussi « la messe est dite »), talking blues avec chorus de steel guitar (« attendre une lettre de vous »), ambiance rock’n roll et New Orleans (« piano à queue ») … Nico c’est notre Johnny Cash à nous, mais avec des paroles en français et ça fonctionne admirablement.

Côté textes, travaillés sans en avoir l’air avec finesse et un sens de la formule qui fait mouche, entre délicatesse, dézingage et humour au second degré, on est dans une lignée qui va de Boris Vian à Nino Ferrer, en passant par Brassens et Bernard Dimey (cf « Bon débarras », sorte de petit cousin de « Frédo »), des artistes qui font partie du panthéon de notre homme. L’inspiration est variée : dans « les honnêtes gens », Nicolas nous parle sur un ton désabusé de ces dirigeants qui déclarent la guerre bien au chaud dans leur bureau en envoyant le bon peuple au casse pipe ; « le melon » fustige les m’as-tu vu qui se tapent l’incruste dans les soirées. Dans « le monde tourne encore », un mort constate que la vie continue après lui, « tout ça pour ça « fait l’amer constat de l’évolution humaine après 7000 ans de civilisation. Sous ses côtés déconneurs, Nicolas est un tendre, un sentimental mélancolique de nature (cf »Attendre une lettre de vous »ou « beaucoup d’effet », un tube en puissance ou le sensible et très poétique « Jamais plus », à la jolie mélodie chanté en duo avec la talentueuse Juliette Minvielle).

 Voilà donc des chansons bien foutues conjugant verve mélodique, aisance instrumentale, écriture chiadée, humour personnel omniprésent; tout est bon chez lui, y a rien à jeter comme dirait le bon maître ! Vous l’avez compris, voilà un disque totalement convaincant, trop bon sans doute pour être accepté par un show biz avec lequel Nicolas Moro ne veut rien avoir à faire. Et il a bien raison

Francis Couvreux

Pour commander l’album c’est ici : https://www.nicolasmoro.com/shop

Pour l’écouter :



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